Après l’impact de l’expansion du coronavirus, l’Algérie, le Maroc et la Tunisie doivent absolument se confronter à des conséquences sociales et économiques destructrices. Aucun département d’activité n’a été épargné dans cette tempête anticipée. Les pays du Maghreb étant déjà fragilisés, le bilan économique n’a fait qu’être pire post Covid-19. Cependant, à en juger par l’émergence du virus et l’alerte de l’Organisation mondiale de la santé, les pays du Maghreb ont réagi assez rapidement et ont pris des mesures strictes afin de maîtriser la pandémie, d’où le confinement assez tôt, l’assistance aux entreprises et aux personnes les plus vulnérables.

Bilan économique au Maroc

Le Maroc a pris d’importantes mesures économiques dans cette situation d’urgence, notamment un fonds spécial Covid-19, qui s’élève à 3 milliards d’euros, financés par le Maroc, des cassettes royales, des dons publics et privés. Le fonds a pour objectif d’aider les personnes fragilisées par la crise, notamment le secteur informel, qui emploie près de 80 % des travailleurs marocains. Les factures de services publics ont été suspendues et le crédit à la consommation a été remis à une autre date. La distribution de vivres dans les régions les plus pauvres du pays a également commencé.
Compte tenu de la gravité de la crise, le Maroc a dû se décider à faire appel aux institutions financières internationales. Rabat a même dû demander au Fonds monétaire international de fournir 3 milliards de dollars en prévention et liquidité.

Étant le deuxième producteur automobile en Afrique, Renault a suspendu ses activités au Maroc en 2019 alors que l’industrie automobile représente 5 % du PIB marocain. Il a cependant repris début avril de la même année.
Étant également touché par une sécheresse violente, le secteur agroalimentaire du pays est très affecté, sans même parler du secteur du tourisme qui se retrouver aussi bloqué à cause du Covid-19.

Bilan économique en Algérie

Pré-Covid-19, l’économie Algérienne est menacée par l’effondrement du pétrole. En effet, comme d’autres pays exportateurs de pétrole, l’Algérie a également été frappée par la baisse des prix du baril, qui ont chuté de 60 % depuis janvier. Cependant, les hydrocarbures restent le moteur de l’économie de l’Algérie.
En réponse à cette crise, les autorités ont considérablement réduit leurs budgets, notamment en réduisant de 50 % le budget de fonctionnement du pays, et les importations ont fortement chuté d’environ 10 milliards de dollars.
En raison des faits qui se sont déroulés dans les années 1980, ou l’Algérie était en quasi-cessation de paiement les autorités algériennes ont rejeté toute dette pouvant porter atteinte à sa souveraineté nationale.
En conséquence, l’Algérie a peu de marge de manœuvre financière pour échapper à la crise. Avec la réduction des réserves de change, Alger se prépare à la détérioration du déficit budgétaire pouvant aller de 15 à 20 %, de sorte que le dinar (monnaie Algérienne) se déprécie fortement, rétablissant ainsi l’inflation. D’après les prévisions du Fonds monétaire international en 2020, la récession de l’Algérie devrait être -5,2 %.

Bilan économique en Tunisie

Ayant une économie assez modeste, la Tunisie demande assistance auprès des bailleurs de fonds internationaux. En réponse à cet appel au secours, le FMI a approuvé un prêt d’urgence de 745 millions de dollars américains à la Tunisie. Après avoir essuyée la pire récession de son histoire depuis l’indépendance de 1956, la Tunisie pourrait la connaître à nouveau. Il est prévu que son économie se contracte de 4,3 % en 2020. Or, l’UE a également fait un don à la Tunisie en envoyant une enveloppe de 250 millions d’euros afin de lutter contre la crise.

Les populations Tunisiennes ayant besoin d’assistance, le gouvernement donne à chaque habitant une somme de 80 euros, soit 200 dinars.
Compte tenu de cette situation économique, la Tunisie se retrouve face à un dilemme, relancer son économie à partir des ressources financières très limitées ? Ou établir une thérapie de déflation auprès de la population ?